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La lettre du réseau de la prévention MP

N°6 Octobre-Novembre 2015

L’Edito

Une nouvelle aventure…
Bientôt Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées vont se retrouver sous une bannière commune. Ces deux régions qui n’en feront qu’une demain ont, en bonnes voisines, tissé des liens et construit des partenariats à ne pas oublier dans les bagages de cette nouvelle aventure.
Notre réseau de Midi-Pyrénées a, quant à lui, rencontré les acteurs de la région Languedoc Roussillon pour échanger sur nos habitudes de travail, les collaborations et les bonnes pratiques à développer.
Les prochaines newsletters seront le lieu d’information naturel de l’avancée de nos réflexions communes.

Le Comité de Pilotage du réseau de la prévention MP

Focus : Quel aurait été votre choix ?

Nathalie V. a repris l‘entreprise familiale de maçonnerie. Elle a baigné dans cette activité depuis son jeune âge, a suivi son père sur les chantiers et souvent mis la main à la pâte. Elle aime ce métier. Cependant, depuis quelques temps, elle éprouve de plus en plus de difficultés à faire face aux échéances.
Elle attend pour demain une grosse livraison de matériaux d’un fournisseur dont elle n’a pas réglé la dernière facture, malgré les relances et ses promesses de paiement. Pourtant cette livraison lui est nécessaire pour poursuivre un gros chantier.

Après avoir utilisé le concours des banques, mobilisé ses dernières économies, recouru au Dally, Nathalie tire de plus de plus sur la dette fournisseur. Ce soir, elle est particulièrement inquiète, sera-t-elle livrée demain ? N’a-t-elle pas trop abusé de la confiance de son fournisseur ? Cela passera peut-être demain mais qu’en sera-t-il la semaine suivante ? En effet, elle n’attend pas de rentrée d’argent significative avant un certain temps.

Et vous à la place de Nathalie que feriez-vous, ou qu’auriez-vous fait antérieurement ?

Les solutions existent, certaines préventives et confidentielles, proposées par le Tribunal de commerce. Suivant l’état réel de sa trésorerie, Nathalie aurait pu activer une des trois procédures ci-dessous. Mais peut-être a-t-elle attendu trop longtemps. Alors vite…. .

LE MANDAT AD-HOC : Prévention par la négociation

Dans le cadre des difficultés de nature à compromettre la continuité de l’exploitation, le chef d’entreprise peut saisir le président du Tribunal de Commerce pour solliciter la nomination d’un mandataire ad-hoc qui aura pour mission de trouver une solution aux difficultés de l’entreprise. Cette procédure est confidentielle et l’entreprise ne doit pas être en état de cessation de paiement.

LA CONCILIATION : Anticiper les difficultés

Le chef d’entreprise qui « éprouve une difficulté juridique, économique ou financière avérée ou prévisible et ne se trouvant pas en situation de cessation de paiements depuis plus de 45 jours » peut demander l’ouverture d’une procédure de conciliation. La conciliation est ouverte pour une durée de 4 mois pendant laquelle le conciliateur essaiera de trouver un accord.

LA SAUVEGARDE : Procédure collective d’anticipation

C’est une procédure collective sans état de cessation des paiements qui a pour objectif de traiter le plus tôt possible les difficultés de l’entreprise. L’ouverture de cette procédure est large : les difficultés rencontrées par le chef d’entreprise sont susceptibles de l’amener vers une cessation des paiements. Ce sont donc des difficultés plus graves que les difficultés avérées ou prévisibles permettant l’ouverture de la conciliation.

 

Actualité :Les résultats du dernier sondage OpinionWay pour CCI France/La tribune/Europe 1 sur le moral des chefs d'entreprises

Les résultats de la troisième vague du baromètre du réseau des CCI pourraient laisser croire que le moral des chefs d'entreprise est au beau fixe.

Plus optimistes (+4%), moins inquiets (-4 %), moins méfiants (-5%) et moins angoissés (-4%), ils se déclarent aussi moins attentistes (-9%) qu'en avril 2015. Pourtant, cette tendance positive mérite d'être pondérée.
L'état d'esprit des dirigeants sondés varie fortement en fonction de la taille de l'entreprise (la confiance croit avec la taille de l'entreprise) et en fonction du secteur d'activité (les industriels sont moins optimistes, moins confiants et moins sereins en l'avenir que leurs homologues des autres secteurs).

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A retenir / A savoir :   Chef d’entreprise : c’est le moment d’investir !   

Le Suramortissement de 40% : mesure mise en place par la loi pour la croissance dite loi Macron qui permet aux entreprises de sur amortir de 40% leurs investissements productifs, éligibles à l’amortissement dégressif, effectués entre le 15 avril 2015 et le 14 avril 2016.

Pour en savoir plus

Stratégie : Novembre, le bon mois pour réfléchir au devenir de votre entreprise et le convertir en budget pour 2016

La fin d’année approche, et vous voyez plus clair sur ce que sera votre résultat de 2015. Parfait ! Par contre, si vous n’avez pas d’idée de ce que sera ce résultat, prenez une paire d’heures, une demi-journée à l’occasion des jours fériés pour faire un peu de prospective.
Évolution du marché, évolution des prix, arrivée de nouvelles pratiques ou de nouvelles technologies, ce qui a correctement fonctionné ou non en 2015, autant d’éléments à analyser pour en mesurer les impacts pour le futur et notamment pour 2016.
Prenez votre tableur Excel ou une feuille de papier et jetez-y les hypothèses du CA qu’il vous parait possible de réaliser, en fonction de celui de 2015 et de votre réflexion sur la situation à venir. N’oubliez pas d’estimer le coût des achats liés à ce chiffre d’affaires (achats de matériaux, de sous-traitance, etc.) pour évaluer la marge brute qui reste, ce qui est le vrai revenu de l’entreprise, celui qui vous permettra de payer toutes vos charges de structures.
Évaluez ces charges : leur montant annuel en 2015, auquel vous ajouterez les augmentations prévisibles. Allez-vous investir ? Allez-vous embaucher ? Tenez compte de tous les nouveaux éléments qui seront la réalité de 2016.
Arrivé au bout de ce premier travail, vous ne serez peut être pas satisfait du résultat obtenu, trop faible ? Trop risqué ? Une deuxième itération sera sans doute nécessaire, peut-être même une troisième. À la fin de l’exercice, vous obtiendrez un plan de route pour mener votre entreprise tout au long de l’année 2016.
N’oubliez pas d’en déduire un tableau de bord pour un meilleur contrôle de votre gestion au mois le mois. Quelques heures de travail qui représentent un bon investissement pour maintenir la santé de votre entreprise.

LE POINT DE VUE DU BANQUIER par STEPHANE K.

AFFACTURAGE et REVERSE FACTORING, Dans un contexte de taux historiquement bas et de reprise d’activité, deux outils pour gérer le besoin en fonds de roulement (BFR)
Ainsi, selon une étude d’un cabinet d’audit, 72% des entreprises interrogées ont mis en place des plans d’action de maitrise de ces BFR au cours des 12 derniers mois, et 33% envisagent des actions complémentaires dans l’année à venir (délais de paiement clients, maitrise des stocks, relations fournisseurs…)
C’est probablement pour ces raisons que l’affacturage connait des progressions annuelles supérieures à 10%. Considéré il y a quelques années encore comme une solution réservée aux entreprises en difficulté, l’affacturage s’impose aujourd’hui comme un outil efficace de gestion du poste client mais aussi d’approvisionnement en cash à moindre coût.
Et pour les industriels les plus avancés, soucieux de s’assurer de la robustesse de leur supply-chain, le Reverse factoring se déploie fortement. Dans ce système, c’est le donneur d’ordre qui demande à son factor de régler ses fournisseurs, assurant à ceux-ci des conditions préférentielles de règlement.

A l’heure où se décident les orientations stratégiques de l’année prochaine, l’affacturage fait ainsi tout naturellement partie des sujets à forts enjeux.

Agenda

CCI de Toulouse: 10 décembre 8h30-10h00 : Petit déjeuner « Comment veiller à la santé de mon entreprise ? »

FAQ :
Pascale F. nous écrit : A l’occasion des difficultés rencontrées par un confrère, je me suis rendue compte que sa situation ne lui permettait plus de faire appel aux conseils au moment où il en aurait le plus besoin pour analyser la situation de son entreprise. Existe-t-il un moyen de traiter ce problème ?

Chère Pascale : A l’initiative des experts comptables, certaines assurances ont élaboré un contrat d’Assurance Santé de l’entreprise dédiée à la prévention des difficultés. Ce contrat couvre les frais d’honoraire des Experts de crise, notamment Experts comptables, Avocats, Mandataires ad hoc, Conciliateurs, engagés à l’occasion de difficultés économiques. L’Assurance Santé Entreprise couvre aussi la responsabilité sociétale du dirigeant en matière d’anticipation et de gestion des risques, pour des fautes commises dans le cadre de sa fonction de dirigeant (RCMS)

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